Démocratie écologique

Depuis le Pacte écologique en 2007, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme œuvre pour mettre l’environnement au cœur des politiques publiques et pour soumettre au débat les pistes pour une amélioration du système politique. La FNH s’est également mobilisée sur les enjeux de gouvernance à travers sa participation au Grenelle de l’Environnement. Devant la nécessité d’aller plus loin et dans le cadre de son activité de Think tank, la FNH met en place des groupes de travail afin d’élaborer des propositions pour évoluer vers une démocratie écologique.

 

Pourquoi la démocratie écologique ?

 

La démocratie écologique est un système démocratique renouvelé permettant de répondre aux problèmes écologiques contemporains tout en garantissant le respect des droits humains fondamentaux et en assurant la participation­­ de toutes les composantes de la société à la définition des solutions.

Le concept de démocratie écologique, tel que défendu par Dominique Bourg, philosophe et vice-président de la Fondation, part du constat selon lequel le système représentatif actuel est incapable de prendre en charge les enjeux de long terme. Une réforme de nos institutions est donc incontournable.

En 2010, la Fondation a mis en place un groupe de travail (juristes, sociologues, politistes...) autour de Dominique Bourg afin de réfléchir aux solutions concrètes permettant d'impulser le changement de nos systèmes démocratiques. Cela a donné lieu au livre « Pour une 6e république écologique », publié aux éditions Odile Jacob.

Cet ouvrage avance des propositions concrètes parmi lesquelles :

  •  Créer un collège de la participation citoyenne pour remplacer l’actuelle Commission nationale du Débat public.
  • Mettre en place un système législatif à trois chambres intégrant une assemblée du long terme
  • Instaurer un Président de la République garant du bien commun et du long terme

 Depuis, la Fondation, tout en continuant à promouvoir ces mesures de fond, est en veille sur les réformes constitutionnelles menées par le gouvernement. Elle a, par exemple, récemment réagi à la volonté du Président François Hollande de réformer le Conseil Constitutionnel, qui constituait l’une des propositions issue du groupe de travail démocratie écologique.

 

Gouvernance multi-acteurs et démocratie participative

 

Il n’y aura pas de démocratie écologique sans démocratie participative. Il est, en effet, nécessaire de mettre en mouvement l’ensemble des acteurs de la société civile pour élaborer des solutions partagées permettant de positionner chacun comme coproducteurs des choix de société.

Cette question est très importante pour la Fondation qui a obtenu le statut d’ONG environnementale représentative suite au Grenelle de l’environnement. A ce titre, elle siège dans des organismes consultatifs tels le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) ou le Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE) et se fait un devoir d’expliquer aux citoyens son action de suivi des politiques publiques en matière écologique.

 La Fondation s’investit également aux côtés des acteurs de la démocratie participative afin de déployer ces méthodologies sur le terrain. A ce titre, elle est adhérente de l’association « Décider ensemble » qui a pour objet de promouvoir et de développer une culture commune du dialogue et de la concertation en matière de préparation et de prise de décisions. En septembre 2012, la Fondation est également organisme partenaire pour l’élaboration du World Wide Views sur la biodiversité, un débat citoyen mondial qui a réuni plus de 3 000 personnes. 

D’autres part, la Fondation utilise elle-même les méthodes de la démocratie participative lors de rencontres avec différents partenaires. En novembre 2011, de nombreux acteurs de la restauration collective se sont ainsi réunis à Nantes autour d’un World Café pour les journées de la restauration collective responsable. Ce format de rencontre, importé des Etats-Unis, est construit de façon à contourner les craintes et partis pris qui paralysent souvent les formats classiques d’ateliers de travail ou de colloques.

Enfin, toujours en 2012, la FNH a lancé une étude sur les outils innovants de démocratie participative afin de faire un état des lieux comparé et illustré des processus participatifs (budgets participatifs, jurys citoyens, forum citoyens, world cafés). Les résultats de cette enquête ont fait l’objet d’une publication dans la collection « Etat des lieux et analyses », parue en juin 2013. 

© - Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme