Il faut réduire les avantages fiscaux du diesel dès 2014

01/02/2013 - Tribune
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Les taxes sur le diesel sont 30 % moins élevées que celles sur l'essence. Résultat de cette fiscalité anachronique ? La France ne respecte pas ses engagements européens sur la qualité de l'air et les émissions de CO2 ne baissent pas. Un rattrapage de quelques centimes le litre est désormais incontournable. 

Par Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin et Denis Voisin

Le président de la République engage la France sur le chemin de la transition écologique. Cette ambition doit être déclinée sans délai dans les principales politiques publiques pour aller enfin vers un futur désirable. 

Ceci est particulièrement vrai de la politique fiscale, qui doit taxer plus les atteintes à l'environnement pour taxer moins le travail et mieux redistribuer de la richesse. Ce principe rassemble le plus grand nombre, pourtant sa concrétisation en France est difficile. Nous sommes en Europe, l'un des pays où la fiscalité écologique est la moins développée.

Que de temps perdu depuis 2009 et la commission Rocard, mise en oeuvre suite au Grenelle de l'environnement ! Un consensus avait alors émergé pour dire qu'il fallait mettre en oeuvre une contribution énergie climat. Mais la proposition élaborée ensuite par le gouvernement n'avait pas suivi les recommandations de la commission Rocard et avait été rejetée par le Conseil constitutionnel. Le gouvernement doit dresser un plan cohérent de déploiement de la fiscalité écologique pour ce quinquennat, et le concrétiser par des mesures emblématiques, dès le projet de loi de Finances pour 2014.

Pour l'aider dans cette tâche délicate, il peut s'appuyer sur le comité de parties prenantes sur la fiscalité écologique. Mercredi 30 janvier, il est entré dans le vif du sujet en abordant le point crucial qu'est la fiscalité des carburants. Il s'agit, avant même de parler de fiscalité écologique, de revenir à une fiscalité logique ! Et, dans ce domaine, les avantages fiscaux accordés au diesel n'en recèlent aucune.

En effet, les taxes sur le diesel sont 30 % moins élevées que celles sur l'essence. Résultat de cette fiscalité anachronique ? Les deux tiers du parc français roulent au diesel, la France ne respecte pas ses engagements européens sur la qualité de l'air et se verra condamnée à des amendes, alors que les émissions de CO2 ne baissent pas. Plus dramatique, le diesel, cancérigène certain selon l'OMS, réduit notre espérance de vie de 6 à 9 mois et asphyxie nos villes et nos enfants. Un rattrapage de quelques centimes le litre dès 2014, puis en augmentation progressive et programmée les années suivantes, donnerait un signal clair et lisible. Et, d'ici à 2017, le diesel serait taxé au même niveau que l'essence.

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