Mettre la rénovation énergétique des bâtiments publics au coeur du Plan Junker

08/12/2014 - Article
Ecole par  glory lily

Les prochaines semaines seront décisives pour délimiter les contours du plan d’investissement de 315 mds d'euros annoncé par Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne. Pour la Fondation Nicolas Hulot, il est essentiel que ce plan permette de financer la rénovation énergétique des bâtiments publics.

L'investissement public, seul moyen de sortir de l'impasse économique et énergétique européenne.

Le 26 novembre dernier le président de la commission européenne présentait au Parlement européen les contours de son plan d’investissement de 315 mds€ . Au cours des semaines prochaines, les grandes orientations doivent être confirmées par les chefs de gouvernements européens.

Ce plan est le bienvenu dans un contexte européen particulièrement déprimé. Alors que l'activité économique est à son plus bas et que la déflation menace le continent, seul l'investissement public peut nous sortir de l'impasse car il permet de flécher les financements sur des projets locaux, créateurs d'emplois dans les territoires. Encore faut-il bien choisir les projets pour qu'ils permettent véritablement de préparer l'avenir. En la matière, les plans de relance européens se caractérisent le plus souvent par le fait de sortir les projets déjà ficelés des cartons. Parmi ceux-ci, dominent les gros projets d'infrastructures telles les autoroutes qu'on sait faire mais qui ne répondent pas nécessairement aux besoins de demain.

Cette fois, cependant, cela ne sera peut être pas le cas. Dans sa communication sur le Plan Juncker, la Commission européenne,  a identifié les programmes de rénovation énergétique des bâtiments publics parmi les premiers projets pouvant bénéficier de financements. Le 2 décembre 2014, une déclaration franco-allemande a par ailleurs souligné les besoins d’investissement en efficacité énergétique.

Pourquoi investir dans la rénovation énergétique des bâtiments publics ?

Rénover nos écoles, nos hôpitaux et plus généralement nos bâtiments publics apporte de nombreux avantages socio-économiques :

  • création d’emplois locaux, en partie à travers les PME : avec environ 15 emplois/an par million d’euros investis, un programme de 120 Mds € d’investissements dans les bâtiments publics permettrait la création de plus de 600 000 emplois additionnels d’une durée d’1 an, chaque année sur les trois années du plan 

  • développement d’une industrie d’excellence qui permettrait de stimuler les exportations européennes vers des marchés mondiaux en croissance dans l’efficacité énergétique;
  • amélioration de la facture énergétique et donc de la balance commerciale de l’UE ;
  • indépendance énergétique[1]: l’UE28 importe plus de 50% de l’énergie qu’elle consomme et la crise ukrainienne souligne sa vulnérabilité;
  • des investissements stimulant la compétitivité de l’UE: les importations d’énergies fossiles représentent plus de 1 Md € par jour mais des économies d’énergie permettraient à l’UE d’utiliser ces ressources pour générer davantage de valeur ajoutée;
  • une réduction exemplaire des émissions de CO2 en amont de la COP21, en accord avec les objectifs européens. Investir 180 Mds € dans les bâtiments publics (+120 Mds € par rapport au BAU) permettrait de réduire leur consommation d’énergie de 20%. Investir 420 Mds € conduirait à une réduction de 40% de leurs émissions de CO2.

Des projets particulièrement adaptés au plan Junker.

Au délà des impacts bénéfiques sur l'économie, l'environnement et la société, les projets de rénovation énergétiques sont particulièrement bien adaptés aux contours du plan Junker. En effet, celui-ci nécessite un fort effet de levier : cela signifie que chaque euro d'argent public doit permettre de lever plusieurs euros d'argent privé. Les projets doivent donc être rentables. C'est bien le cas en ce qui nous concerne, puisque la rénovation énergétique permet de générer des économies qui viennent autofinancer l'investissement initial. Ajoutons que, dans un contexte où l'argent public se fait rare, peu de projets ont comme ici, l'avantage de réduire les frais de fonctionnements des collectivités publiques.

Reste maintenant à confirmer l'impulsion politique qui semble se dessiner !

C'est ce qu'ont exprimé la Fondation Nicolas Hulot et le think tank The shift project lors d'un point presse tenu ce jour.

 

Crédits photo :

Le projet SFTE

Les données et propositions de cet article sont issues des travaux du projet SFTE (société de financement de la transition énergétique)  mené par un large consortium d'acteurs dont la Fondation Nicolas Hulot et The Shift Project.

Télécharger une note de 4 pages présentant les propositions ;

Télécharger le rapport de synhèse du projet SFTE

© - Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme