Plan d'économie de 50 mds de Manuel Valls - La Fondation Nicolas Hulot dégrade la note de la France à long terme à AA-

29/04/2014 - CP
dégradation de la note de la France

A l’image des agences de notation, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a décidé d’évaluer la performance de la France au regard des enjeux économiques et sociaux, mais aussi de sa capacité à engager la transition écologique et de sa résilience face aux changements climatiques à venir. Le plan d’économies et les pactes de responsabilité et de solidarité conçus sans volonté structurelle de préparer une transition écologique justifient une perspective négative.

 

 

 

ARGUMENTAIRE

  • Nous estimons que les réformes engagées dans les domaines de la fiscalité, des financements innovants et de l’emploi n’amélioreront pas sensiblement les perspectives de réussir la transition écologique de la France à moyen terme et que le découplage persistant entre écologie et économie limite la capacité du gouvernement à mener à bien cette transition pour sortir de la crise.
  • Nous estimons que c’est ainsi un gisement de centaines de milliers d’emplois qui est délaissé.
  • Nous pensons également que la permanence d’un jeu politique qui fait de l’écologie un objet de conflit partisan, plutôt qu’une chance pour la France affaiblit le soutien populaire en faveur de nouvelles mesures d’envergure en matière de politique écologique et de réformes structurelles.
  • En conséquence, nous abaissons de « AA» à « AA-» la note à long terme de l’économie française

PERSPECTIVE : NEGATIVE

Le plan d’économie conjoncturel de 50 milliards et les pactes de responsabilité et de solidarité, tels qu’ils sont conçus risquent de dégrader la situation. Le plan d’économie ne présente aucun des marqueurs d’un basculement structurel des régulations puisqu’il préserve les 7 à 15 milliards de dépenses publiques affectées à diverses subventions à la pollution. Le pacte de responsabilité ne privilégie pas les filières d’avenir et le pacte de solidarité ne s’attaque pas à la précarité énergétique.

Nous pourrions à nouveau abaisser la note de la France si, contrairement à nos attentes, la part de la fiscalité écologique dans les prélèvements obligatoires diminuait, ou si la dépense publique dédiée à la transition écologique venait à diminuer, ou si la conférence bancaire et financière à venir ne permettait pas de dégager des financements supplémentaires suffisants pour la transition écologique.

Nous pourrions augmenter la note de la France si le gouvernement mobilisait les subventions à la pollution, y compris l’écart de fiscalité sur le gazole, dans le plan de réduction de la dépense publique, ou s’il s’engageait à poursuivre la montée en puissance d’une contribution climat énergie au delà de 2016 sur une trajectoire compatible avec le facteur 4. Nous pourrions aussi augmenter la note de la France si la conférence bancaire et financière permettait de dégager des fonds suffisants pour engager une rénovation de grande ampleur de l’habitat et du tertiaire, et si un programme ambitieux aboutissait à la mise en place d’un bouclier énergétique et d’une prime à la conversion pour les ménages modestes.

Crédits image

Image modifiée à partir de la Carte de France disponible ici

© - Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme