Que penser du plan d'action de Ségolène Royal

28/04/2014 - CP
plan d'action de ségolène royal

Début avril, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) soumettait à Ségolène Royal sa « to do list » des actions concrètes pour faire de la transition écologique un grand projet, à la fois créateur d’emplois, porteur de plus de justice sociale et d’une meilleure qualité de vie. La FNH constate aujourd’hui que la numéro deux du gouvernement partage, dans le discours, notre ambition et notre souhait de promouvoir une écologie positive, notamment avec la création de 100 000 emplois. Par contre, la FNH regrette que Ségolène Royal laisse de côté de nombreux chantiers prioritaires.

 

 

Des convergences…

  • Sur le projet de loi Transition Energétique : l’ambition affichée sur la rénovation énergétique de l’habitat et le développement des énergies renouvelables va dans le bon sens ; tout comme l’adjonction d’un volet sur l’économie circulaire.
  • Sur le financement de la transition : la confirmation de la tenue de la conférence bancaire et financière en juin est également une bonne nouvelle. Il reste maintenant à préciser son contenu.

 

… Mais des annonces globalement éloignées des priorités exprimées dans la « to do list » de la Fondation Nicolas Hulot

  • Sur la rénovation énergétique du tertiaire ou sur la mobilité pourtant au cœur de la prochaine conférence environnementale : rien n’est annoncé. Pas plus que sur la question cruciale de la précarité énergétique.
  • Sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables : les objectifs à 2030 ne sont toujours pas précisés, pas plus que la trajectoire énergétique. Ségolène Royal ne s’est pas non plus prononcée en faveur d’une commission parlementaire spécialisée, garantie d’un bon traitement du projet de loi au Parlement.
  • Le comité pour la fiscalité écologique a disparu des écrans radars alors qu’il devait travailler à des mesures positives pour les ménages, telles un bouclier énergétique et une prime à la conversion automobile.
  • Sur le plan d’économie de 50 milliards :  Ségolène Royal ne prévoit pas de mobiliser les 7 à 15 milliards de subventions à la pollution dont un rapport de l’inspection générale des finances soulignait pourtant l’impact négatif sur l’environnement, mais aussi l’économie et l’emploi.
  • Sur la biodiversité : la question des financements de l’Agence reste posée, alors que le comité pour la fiscalité écologique était pourtant chargé de faire des propositions.
  • Sur l’agriculture et la pollution de l’eau : rien n’a été annoncé sur la nécessité de protéger les aires de captages d’eau potable en les réservant à l’agriculture biologique. Ségolène Royal doit veiller à ce que la déclinaison nationale de la Politique Agricole Commune n’autorise pas les pesticides dans les les surfaces d’intérêt écologique (SIE), ce qui serait contraire à l'ambition agroécologique de Stéphane Le Foll.
  • Sur le problème de la pollution de l’air : la question du diesel et de ses effets sur la santé n’est pas réglée par l’adoption des derniers plans de protection de l’atmosphère.
  • Sur la gouvernance de la transition écologique : aucune annonce sur l’importance de développer la participation des citoyens dans la construction des politiques publiques.


Ces chantiers sont incontournables pour que la France devienne, comme le souhaite Ségolène Royal, l'une des premières puissances écologiques.

En savoir plus

Consultez le plan d'action annoncé par Ségolène Royal lors de la conférence de presse du vendredi 25 avril.

© - Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme