Quelle place pour la transition écologique dans la politique générale du nouveau gouvernement ?

10/04/2014 - Article
Discours de politique générale de Manuel Valls

Manuel Valls faisait mardi son discours de politique générale et la transition écologique n’a pas eu la place méritée. Peu d’ambition, en effet, affichée sur ce grand projet pour la France, créateur d’emplois et porteur de justice sociale, résumé pour l’essentiel au projet de loi sur la transition énergétique.

De nombreuses inquiétudes sur le projet de loi de programmation sur la transition énergétique. 

Si le Premier ministre a réaffirmé certain des objectifs du gouvernement précédent (réduction de 30 % des consommations d’énergie fossile d’ici 2030, réduction de la part nucléaire à 50% du mix électrique d’ici 2025), il n’a rien dit de l’objectif de réduction de 50% des consommations d’énergie finale pour 2050. Il s’agit pourtant d’un engagement affirmé par le président de la République lors de la conférence environnementale de 2013. Aucune mention non plus de la lutte prioritaire contre la précarité énergétique, de l’obligation progressive de rénovation thermique, rien sur la mobilité.  A cela s’ajoutent de nombreux chantiers majeurs passés sous silence : quid de la conférence bancaire et financière sur les mécanismes de financement innovant pour la transition écologique ? Où est passée la fiscalité écologique ? Pas un mot sur les lois agriculture d’avenir et biodiversité qui devraient être adoptées avant la fin de l’année.

Il faudra que le gouvernement précise rapidement comment il aborde tous ces sujets au cœur de la transition écologique.

Vers un pacte de responsabilité et de solidarité écologique ?

Le premier Ministre s’est, ainsi, focalisé sur le pacte de responsabilité et de solidarité. Pour la Fondation Nicolas Hulot, il manque à ce pacte une nécessaire dimension « écologique » qui  repose sur trois points principaux.

  • La poursuite du basculement des régulations initié lors du déploiement du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE). Il s’agit de compenser une partie de la baisse annoncée des fiscalités pesant sur l’emploi par une montée en charge de la fiscalité écologique. De nombreuses instances économiques (FMI, OFCE, Commission Européenne) ont souligné les vertus d’un tel basculement pour l’économie, l’emploi et l’écologie.
  • L’inscription de la lutte contre la précarité énergétique au cœur de la politique de solidarité et de défense du pouvoir d’achat. Un pacte de solidarité écologique, c’est un pacte qui instaure un bouclier énergétique et des primes à la conversion pour aider les ménages à sortir progressivement du fioul et du diesel.
  • La sanctuarisation des budgets dédiés aux politiques publiques de transition écologique quand il s’agira de couper dans les dépenses publiques et le développement de financements innovants.


Ségolène Royal sera-t-elle en mesure de faire de ce pacte un autre pilier de la transition écologique ?

Ecouter le discours de politique générale de Manuel Valls sur la vidéo ci-après.

© - Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme