Le projet du think tank

La pensée écologique vise à imaginer un nouveau modèle de société qui permette l’épanouissement humain tout en préservant la biosphère, support de la vie. Pourtant, s’il existe, en France, de nombreux think tanks (Terra nova, Fondation Jean-Jaurès, Fondation pour l’innovation politique, Institut Montaigne), il n’y a aucun think tank indépendant, apolitique et écologique.

C’est pourquoi, la Fondation Nicolas Hulot a pour vocation d’être le lieu de la construction citoyenne de la transition écologique afin de participer à l’évolution de l’ensemble des domaines de la société vers plus de durabilité et d’équité.

  • Un lieu d’ouverture : ouvrir la pensée écologique à l’ensemble des sujets de société et la sortir de sa sphère d’initiés et de convaincus.
  • Un lieu de transformation : passer du diagnostic à la proposition politique.
  • Un lieu de diffusion : mettre les idées en débat dans la sphère publique.

 

Un constat et un projet commun

Toutes les personnes intervenant dans le cadre du think tank de la Fondation Nicolas Hulot expriment leur accord avec le constat et le projet ci-dessous

Nous partageons, au sein du think tank de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, un constat et un projet.


Le constat est que l’humanité se heurte à la finitude du monde : la nature a ses limites, et nous sommes au pied du mur. Pour éviter les catastrophes qu’un dépassement des seuils engendrerait, il va falloir d’urgence réduire nos flux de matière et d’énergie.
Ces limites sont désormais bien établies : l’effondrement de la biodiversité, l’érosion des sols, l’incapacité de la biosphère à absorber nos émissions de gaz à effet de serre et la raréfaction de nombreuses ressources naturelles dont les métaux.


Le progrès économique est d’ores et déjà confronté à ses contradictions et aucun retour au statu quo n’est aujourd’hui possible : la fin de l’ère de l’énergie bon marché, l’incapacité à découpler en terme absolu la croissance du produit intérieur brut de notre consommation de matière, les contrecoups des instabilités du système financier et l’endettement public sonnent le glas du modèle de développement que l’occident s’était jusqu’alors donné.


Le compromis sur lequel l’Europe a vécu depuis la seconde guerre mondiale est menacé d’effondrement. Ce compromis a consacré l’idéal d’une réduction des inégalités par une redistribution des richesses. La croissance économique est alors devenue un préalable et une condition de la justice sociale.


Désormais, les systèmes de protection sociale sont mis en danger par l’aveuglement des tenants (reflété par l’hégémonie) de l'orthodoxie économique qui n’appréhende guère la finitude nouvelle. La précarité de l'emploi se développe. Les groupes sociaux défavorisés vivent dans les environnements les plus dégradés. De nouvelles catégories de travailleurs pauvres apparaissent.


Sur le plan international, nous n’avons jamais produit autant de richesses, mais l’inégalité mondiale n’a jamais été aussi importante et les coûts futurs que nous infligeons à la biosphère élevés. Les échecs répétés des conférences de l’ONU démontrent que nous sommes loin d’aller au-delà des intérêts immédiats et égoïstes. Pourtant, dans un monde resserré et rétréci où l’état de la planète limite la création de richesses matérielles, la question de leur répartition et de la coopération, des individus comme des nations, se pose de manière prioritaire comme condition de notre avenir.


Face à ce constat, deux écueils restent à éviter. Le premier consiste à prendre la fuite et à se réfugier dans l’espoir offert exclusivement par l’innovation technologique. Bien que l’innovation soit incontestablement une des réponses à l’impératif écologique, elle ne doit pas nous empêcher de voir l’ampleur des obstacles qui se dressent devant nous. La nostalgie du modèle d’hier, celui des Trente glorieuses, ne pourrait mener qu’à une course éperdue vers l’effondrement. Le second écueil serait de rester dans la dénonciation. Il ne suffit pas d’alerter sur la menace, il faut également identifier les chemins d’une nouvelle voie. Sans modèle alternatif, la prise de conscience ne saurait suffire.


Pour toutes ces raisons, nous nous retrouvons autour du projet de participation au renouvellement intellectuel et idéologique en France, en Europe et au-delà. Nous nous donnons pour tâche d’établir un meilleur diagnostic sur notre époque, d’élaborer une plus grande conscience écologique, et d’œuvrer à la transition vers un monde durable et équitable.


Les outils conceptuels émergent au sein de divers travaux universitaires, institutions scientifiques et initiatives civiles à travers le monde. Nous souhaitons participer à leur mise en cohérence, leur amplification. Le nouveau paradigme est là, nous souhaitons participer à son émergence. S’il faut agir, c’est maintenant. Le coût du retard risque d’être trop élevé. Mais nous pensons encore possible de transformer la menace en une promesse à la fois crédible et désirable.


© - Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme